Qu’est-ce que l’Athéisme Plus

Athéisme PlusPermettez-moi de vous présenter l’Athéisme Plus, ce mouvement naissant qui pourrait devenir l’événement le plus excitant du monde de l’incroyance depuis que Richard Dawkins s’est joint à Christopher Hitchens pour affirmer au monde entier que Dieu n’est qu’une illusion, et pire encore, qu’il n’est qu’une allégation extraordinaire.

Lancé moins d’une semaine sous sa forme actuelle, l’Athéisme Plus est une idée originale de Jen McCreight, une étudiante en biologie basée à Seattle et blogueuse sur le réseau laîc Freethought. Elle a appelé à une «nouvelle vague» de l’athéisme qui «se soucie de la façon dont la religion touche tout le monde et qui s’applique à tout scepticisme, incluant les questions sociales comme le sexisme, le racisme, la politique, la pauvreté et la criminalité.”

L’Athéisme Plus est, à la base, un regroupement d’éléments qui tentent ainsi de manière plus formelle de créer un mouvement qui privilégie les questions d’égalité et ce, dans une perspective explicitement non-religieuse. Certains diront qu’une telle philosophie existe déjà sous la forme d’humanisme.

Dans cette première phase, l’Athéisme Plus est généré par la colère autant que par l’idéalisme. Et, du moins au début, une grande partie de cette colère est dirigée vers le monde interne de l’athéisme lui-même.

Toute communauté, récente ou ancienne, possède ses propres tensions et dans l’année écoulée, la communauté athée / sceptique a été secouée par un débat conflictuel et de plus en plus violent sur le sexisme et, plus généralement, par le sentiment que les voies dominantes ont tendance à être blanches, de sexe masculin et de classe moyenne. D’une part, il a été suggéré que l’athéisme et le scepticisme sont des philosophies disproportionnées qui s’avèrent attrayantes pour les hommes. En effet, le stéréotype de l’athé représenté par le mâle blanc intellectuel et extrêmement confiant – tel que Richard Dawkins – a longtemps été le préféré parmi les apologistes religieux. Plus sérieusement, on y retrouve des sentiments précis d’exclusion, provenant en particulier des jeunes femmes.

Un certain nombre d’incidents ont servi à cristalliser le sentiment que tout ne va pas pour le mieux dans le monde de l’incroyance. Le plus notoire d’entre eux est le “Elevatorgate”, un incident en fin de soirée dans un ascenseur lors d’une conférence athée à Dublin, au cours duquel la blogeuse Rebecca Watson a reçu des commentaires inappropriés. Sa plainte publique ultérieure sur le comportement de cet homme et sur le harcèlement sexuel au sein du mouvement sceptique a attiré les critiques de Richard Dawkins lui-même et a alimenté une guerre sans précédent. Elle a reçu et continue de recevoir des menaces de viols et de mort.

McCreight (qui rime avec «droit») a profité de sa propre expérience pour dessiner. Elle s’est fait connaître en tant que créatrice de  “Boobquake» durant l’année 2010, une réponse satirique aux énoncés d’un ayatollah iranien qui affirmait que les femmes qui s’habillaient sans pudeur étaient responsables des tremblements de terre. McCreight a alors encouragé les femmes à porter des t-shirts serrés afin de conduire à une augmentation notable de l’activité sismique dans le monde entier. Il n’y a eu aucune secousse sismique, même si cet événement a produit un petit tremblement de terre dans certaines parties de la communauté sceptique sous la forme d’un débat visant à analyser si un tel événement était compatible avec le féminisme.

Pour McCreight personnellement, «l’expérience» a connu un résultat ambigu:

McCreight se rappelle avoir reçu des invitations sexuelles non sollicitées et quand elle est apparue en public, des commentaires gratuits sur son apparence. Ces réactions lui ont fait sentir que l’athéisme était un club de «garçons». Il peut accueillir «une belle jeune femme…, mais annule son invitation lorsqu’il se rend compte que vous êtes un féministe démagogue». Elle croit qu’un mouvement qui prétend être rationaliste et contre les préjugés ne reproduit simplement pas le sexisme de la société en général mais qu’en réalité, il l’augmente. Chaque fois qu’elle a écrit ou parlé de féminisme, elle a reçu des centaines de commentaires insultants et haineux. L’athéisme est devenu – peut-être qu’il a toujours été – un refuge de luxe pour la misogynie. Pire, elle écrit: «Je ne me sens pas en sécurité en tant que femme dans cette communauté – et je me sens moins certaine de ce que je fais en tant que femme dans la science, et plus comme une femme qui se prostitue et ira en enfer».

Le premier point à l’ordre du jour de l’Athéisme Plus est donc un sérieux nettoyage. McCreight dit elle-même: «Nous devons reconnaître qu’il y a encore de la place pour l’amélioration de soi et que nous devons nous attaquer à la racine des raisons pour lesquelles nous avons eu ces problèmes dans l’athéisme et le scepticisme». Greta Christina a été jusqu’à mettre au point une liste de contrôle des objectifs auxquels les organisations athées devraient aspirer, incluant les politiques anti-harcèlement et l’assurance de la diversité parmi les membres et les conférenciers invités. «Pour ne pas oublier que tous les athées ressemblent à Richard Dawkins».

Cela ressemble, du moins sur le coup, à un programme négatif – «se débarrasser des ordures». Pourtant, le nom – ou du moins le symbole – est revêt un agréable double tranchant. «L’athéisme plus”, la lecture naturelle, implique: que les autres principes associés doivent être ajoutés à l’idée de base pour produire une philosophie arrondie. Mais il peut aussi être lu comme «L’athéisme positif», allant au-delà de la simple négation de la croyance. Le temps nous dira si l’initiative de McCreight conduit à des changements permanents dans le mouvement athée et sceptique, à la formation d’un lien nouveau et distinct entre l’athéisme et la politique progressiste, ou si elle sera vite oubliée. Mais je serais prêt à parier contre celle-ci. Quel qu’il en soit, il y a une énergie derrière cette nouvelle vague qu’il est difficile d’ignorer.

La situation actuelle au Congo

Situation au CongoLes nouvelles de la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC) sont généralement sombres. Mais ce fut particulièrement le cas au cours des dernières semaines, lorsque la milice M23 a envahi la ville de Goma, la capitale de la province riche en ressources minérales du Nord-Kivu. La milice a déjà commencé à se retirer, mais les rapports de meurtres aléatoires et d’atteintes aux droits humains continuent d’abonder. Pendant ce temps, une partie de la puissance manque à cette ville, et les ordures et les restes humains pourrissent dans les rues.

La violence dans l’est de la RDC pourrait ressembler à la perturbation du calme précaire qui a suivi l’accord de 2009 entre le Congo et la paix fragile de la M23 établie par le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). En vérité cependant, elle fait partie d’un continuum de chaos qui a frappé la région depuis environ 15 ans. Des études fiables ont démontré que cinq millions de Congolais sont morts en raison des combats, dont beaucoup d’entre eux dans l’est de la RDC, ce qui soumet la région à l’une des pires catastrophes humanitaires depuis la Seconde Guerre mondiale

Il y a beaucoup de reproches envers le bain de sang et le chaos qui semble sans fin: les pays de la région, les rebelles et la communauté internationale sont tous un peu responsables. Bien que l’histoire de la violence dans la région soit locale, la communauté internationale a refusé d’intervenir de façon décisive lorsque les combats ont traîné en longueur.

LA NAISSANCE DE LA M2

Les conflits d’aujourd’hui tire ses racines dans le génocide rwandais de 1994, lorsque la majorité hutue ethnique a tenté d’éradiquer les Tutsis, le groupe ethnique dominant politiquement minoritaire. Les meurtres ont pris fin lorsque l’armée tutsi, dirigée par l’actuel président rwandais Paul Kagame et soutenue par des soldats ougandais, a conduit les Hutu de force hors du pays. Après seulement trois mois, environ 800,000 Rwandais sont morts.

Au début de 2009, le Rwanda attire Nkunda et le plaçe en résidence surveillée. Il fut remplacé par Bosco Ntaganda, qui était son deuxième commandant. Peu de temps après, le 23 mars, le gouvernement congolais négocia l’accord de paix avec le CNDP. La clé de cet accord fut l’incorporation de la milice au sein de l’armée congolaise. Le mouvement devait écarter le CNDP sur le champ de bataille et l’aligner avec le gouvernement. Pendant un certain temps, la tension semblait diminuer.

Mais il y avait un problème: Ntaganda était un homme recherché. En 2006, la Cour pénale internationale l’avait accusé du crime de conscription d’enfants soldats losqu’il était commandant sous l’autorité de Thomas Lubanga, un chef rebelle en RDC qui a été condamné par la CPI pour le même crime en 2012.
Craignant d’être arrêté, Ntaganda, qui était demeuré ouvert et franc à propos de son rôle de général dans l’armée congolaise, fut perdu de vue. Il refait surface en 2009 et retourne à ses vieilles habitudes en reprenant la lutte contre l’armée nationale.

La lutte pour les minerais au coeur du conflit

Avec l’arrivée des téléphones mobiles et des ordinateurs portables au début du nouveau millénaire, la demande mondiale pour l’or, le tantale, de l’étain et le tungstène – des quantités importantes qui sont trouvés dans l’Est de la RDC – a grimpé en flèche. Les combats entre les milices ethniques de la région pour contrôler les mines de la RDC deviennent ainsi une motivation majeure dans cette guerre.

Le tollé international contre la violence causée par le contrôle des minerais a suscité des efforts en Europe et ailleurs, incluant au sein des groupes de l’industrie, pour en  freiner leur achat. L’on pensait alors que si l’achat des minerais de la région ont été interdit, les combats cesseraient. La disposition fut incluse, mais elle n’a pas enrayé la violence.

Au printemps de 2009, le gouvernement congolais et les milices ethniques avaient conclu un accord fragile visant à diviser la production dans cette région. Mais, en raison des sanctions en attente sur les minerais, lesquelles sont devenues officielles en août dernier, la production de la mine de Bisie a chuté de façon spectaculaire. Ce qui a laissé des centaines de milliers d’habitants dépendant de l’exploitation minière face à une diminution ou une perte de revenus. Avec la lutte qui sévit actuellement, la M23 a tenté de reprendre le contrôle sur le centre commercial minéral de Goma et de Bunagana, à la frontière RDC-Ouganda. Tout cela se passe sous les yeux attentifs de la plus grande garnison de maintien de la paix des Nations Unies à travers le monde, laquelle est affichée dans l’est de la RDC et se compose de milliers de soldats de l’ONU bien armés, bien équipés et bien payés.

FAISONS UN MARCHÉ !

Un marché noir a vu le jour pour combler le vide créé par l’interdiction des conflits relatifs aux minéraux.  Ici, les commerçants ougandais jouent un grand rôle. L’Ouganda est un important exportateur de l’or africain et partage une longue frontière avec la région riche en or de l’Est de la RDC . La M23 et d’autres instances ont donc mis tous leurs espoirs sur le minéral.

Un accord de paix pourrait également permettre une plus grande autonomie pour les grandes régions de la RDC dont les frontières ethniques se chevauchent pour en simplifier la gouvernance, et pourrait accorder à la milice M23 la liberté de conserver un certain contrôle de la région Est de la RDC – le groupe pourrait gouverner avec une certaine efficacité. Les troupes de l’ONU devraient également prendre au sérieux l’application de la paix. Aucune de ces mesures ne peut garantir un calme durable, mais elles ont au moins une chance de donner au peuple de la RDC l’avenir pacifique qu’il mérite.

Allons-nous vers une cyberguerre?

CyberguerreAu milieu des années 2010, des milliers d’installations iraniennes de recherche nucléaire munies de centrifugeuses d’enrichissement d’uranium ont échappé à tout contrôle. Les instruments ont été mystérieusement reprogrammé pour fonctionner plus vite que la normale, les poussant jusqu’au point de rupture. Les  systèmes informatiques iraniens, ont inexplicablement rapporté que les centrifugeuses fonctionnaient normalement. Cet incident, il fut plus tard, était l’œuvre de l’infâme ver informatique Stuxnet, présumément créé par les États-Unis et Israël, et est l’une des cyberarmes les plus sophistiquées à ce jour. L’infiltration a d’abord pris naissance en retrait de l’Iran, qui est soupçonné d’avoir mis sur pied un programme d’armement nucléaire il y a trois à cinq ans, bien que les estimations actuelles sont de l’ordre de deux ans à quelques mois.

Stuxnet a été suivi par le malware Flamme: une nouvelle forme de malware qui a infiltré plusieurs réseaux en Iran et au Moyen-Orient plus tôt cette année. Flamme a copié le texte, enregistré l’audio et supprimé des fichiers sur les ordinateurs piratés. Israël et les États-Unis sont à nouveau les présumés coupables, mais nient toute responsabilité.

Ces deux attaques ont généré mouvement considérable dans les médias et parmi les décideurs du monde entier. Leur caractère dramatique conduit certains experts à affirmer que la cyberguerre va changer fondamentalement l’avenir des relations internationales, ce qui oblige les États à repenser à leurs politiques étrangères. Dans un discours devant la communauté d’affaires de New York le 11 Octobre 2012, le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a exprimé la crainte qu’une version cybernétique de Pearl Harbor pourraient prendre les États-Unis par surprise dans un proche avenir. Il a averti que le gouvernement américain, en plus de réseaux électriques nationaux, les systèmes de transport et les marchés financiers, sont tous à risque et que la cyberdéfense devrait être au sommet de la liste des priorités pour un second mandat du président Barack Obama.

Les attaques de Stuxnet et de Flamme ne sont cependant pas les signes de danger que certains ont annoncét. Tout d’abord, les virus devaient être physiquement injecté dans les réseaux iraniens, probablement par des agents américains ou israéliens, ce qui suggère que la tactique exige toujours une intelligence et des méthodes d’opération militaires traditionnelles. Deuxièmement, Stuxnet a déraillé le programme nucléaire de l’Iran durant une courte période seulement, voire pas du tout. Et Flamme ne fit rien pour ralentir directement la progression nucléaire de l’Iran, car il semble n’avoir été qu’une opération de collecte de données.

Certaines cyberattaques au cours de la dernière décennie ont affecté brièvement l’état des plans stratégiques, mais aucune n’a entraîné la mort ou des dommages durables. Par exemple, les cyberattaques de 2007 contre l’Estonie en Russie ont démantelé les réseaux et les sites Web du gouvernement et ont perturbé le commerce pour quelques jours, mais les choses sont rapidement rentrées dans l’ordre. La majorité des cyberattaques dans le monde entier ont été minimes: des désagréments facilement corrigés comme déconfiguration de sites Web ou de base de données de vol – en résumé, ce qu’un État peut faire en cas de contestation diplomatique.

Notre recherche montre que même si des avertissements au sujet de la cyberguerre sont devenus plus sévères, l’ampleur réelle et le rythme des attaques ne correspondent pas à la perception populaire. Nous avons utilisé un score de sévérité s’étalant sur une période de cinq ans, ce qui représente un minimum de un, lorsque le décès survient comme une conséquence directe de la cyberguerre. Pour les 95 cyberattaques dans notre analyse, le meilleur score – tant pour Stuxnet que pour Flamme – était seulement de trois.

Les cyberattaques sont rares, et quand elles se produisent, les États sont prudents dans leur utilisation de la force. Comme pour le conflit conventionnel et nucléaire, certains des principes de dissuasion et de destruction mutuelle s’appliquent. Tout agresseur dans le cyberespace face une menace aiguë réagit: en reproduisant les techniques et en les répétant contre l’initiateur. Une fois mis au point, une cyberarme peut facilement être copiée et utilisée par un dispositif technologique par l’accès à un système critique tel que le réseau du ministère de la Défense, pour lequel des pirates étrangers n’ont eu aucune difficulté à infiltrer.

Loin de faire une cyberguerre interétatique plus commune, la facilité de lancer une attaque conserve en fait la tactique en échec. Les cyberdefenses de la plupart des pays sont faibles, et un état essayant d’exploiter la faiblesse de l’adversaire peut être tout aussi vulnérable en invitant des représailles facile. Une norme internationale tacite mais puissante contre des cibles civiles limite davantage les termes de la cyberguerre.

On craint également que certains pays réagissent fortement à la cybermenace par le resserrement des libertés qui font de l’Internet un espace ouvert et dynamique. Un gouvernement paranoïaque pourrait être tenté de développer des défenses extrêmes, tel qu’un coupe-circuit, qui lui permettrait d’arrêter tous le cybertraffic entrant et sortant. Une telle mesure radicale aurait un effet dissuasif sur la société, en créant plus de problèmes qu’elle n’en résoudrait. C’est encore une autre raison pour laquelle les normes internationales et la communication sont essentielles.

La cyberguerre n’est une menace que si elle est manifestement galvaudé ou malveillante, ou si elle détourne les ressources vers une crainte mythique et loin des menaces réelles.

This entry was posted in Monde.

Se lancer en affaires dans une crise économique

Affaires crise économiqueL’espoir de toute entreprise: atteindre une croissance durable et profitable. Mais en ces temps économiques difficiles, il est devenu de plus en plus difficile de se diriger vers la bonne direction. Et pour beaucoup d’entrepreneurs, les risques réels de l’effondremen de leur entreprise et la menace d’insolvabilité persistante demeure à l’arrière-plan.

Tous sont confrontés au même dilemme. Comment traiter les cas d’insolvabilité? Et quelle est la meilleure façon de protéger les intérêts de toutes les personnes impliquées? Certains disent que la création et la fermeture d’entreprises font partie de la formation en cette ère de politique de libre marché.

Et même les plus grands et les plus robustes de l’économie ne sont pas immunisés. Mais l’échec n’est pas dû à un manque d’activité. Tous étaient en fait des organismes publics, dont certains ont retardé le paiment des projets commandés. Et les sous-traitants peuvent désormais être confrontés à des difficultés.

Chaque pays a ses propres lois sur l’insolvabilité, et beaucoup sont réévaluées. Les règlements européens adoptés en 2000 sont également à l’étude. Ceux-ci s’appliquent lorsqu’une entreprise ayant échoué possède des actifs ou des créanciers dans plus d’un État membre. Le règlement, qui s’applique également aux faillites personnelles, a été conçu pour améliorer la coordination.

Mais il semble y avoir un changement dans la réflexion sur les priorités lorsque les entreprises commencent à disparaître. Certains disent que les règles actuelles se penchent trop vers la liquidation, alors que les autres options doivent être envisagées. Et ces différences commencent à être remarquées.

Et certains dirigeants syndicaux affirment que si il y a une mondialisation sur le niveau d’activité en Europe, il devrait y avoir une plus grande harmonisation lorsqu’il s’agit de règles qui protègent les travailleurs contre les mises à pied.

Viviane Jeblick, membre de l’exécutif du Syndicat indépendant du Luxembourg, précise: «Nous devons aider ces gens beaucoup plus, avec plus de suivi et d’assistance. Les entreprises ne peuvent pas les laisser seuls, pensant que leur conscience est claire parce que ceux qui perdent leur emploi sont rémunérés. Ce n’est pas assez».

«Nous oublions souvent l’aspect humain dans tout cela. Nous devons avoir des systèmes en place pour prévoir les difficultés, afin que nous puissions prendre des mesures avant que l’insolvabilité ne se produise».
Ce message a déjà été entendu dans certains États, par ce qu’on appelle des politiques d’alerte précoces mises en place pour essayer de sauver les entreprises en difficulté.

Mais l’approche est encore très différente de pays à pays, et l’orientation actuelle de l’Europe sur la coordination insolvabilité ne s’harmonise pas avec les législations nationales. Mais pourrait-on adopter une approche plus commune à l’avenir?

On a parlé à Gilles Cuniberti, professeur de droit international à l’Université du Luxembourg.

«L’harmonisation des procédures pour sauver des entreprises en difficulté est très très complexe», a-t-il dit. « Il y a un grand impact dans de nombreux domaines de la loi et donc je crois que cette harmonisation est vraiment quelque chose qui durera pendant 20 ans sur toute la ligne, et à le court terme, cela ne semble pas très réaliste».

«La seule possibilité d’une plus grande harmonisation se trouve dans certains domaines spécifiques, et peut-être que la protection des travailleurs pourrait être l’un d’entre eux. Mais, d’autre part, la façon dont fonctionnent les procédures et le traitement des créanciers ne semblent pas être des choses à harmoniser, même à moyen terme».

Pour l’instant il n’y a aucun doute que les attitudes envers l’échec de l’entreprise évoluent, et les politiciens sont prêts à s’assurer que les lois en tiennent compte.

Mais il s’agit d’un exercice d’équilibre délicat: encourager la prise de risque et l’esprit d’entreprise, et en même temps protéger les travailleurs, les créanciers et les clients.

Et les experts disent qu’il est important que les entreprises en difficulté ne perdent pas de temps à demander de l’aide si l’on veut avoir une chance de revenir un jour à la croissance.

Le marriage gai en France: Débat chaud!

Mariage gayAlors que le débat sur le mariage homosexuel fait rage en France, les partisans du mouvement Mariage Pour Tous (Mariage Pour Tous) viennent de recevoir une récompense de la part de Valérie Trierweiler, première dame de France. Trierweiler a mentionné que dès que la loi sera en vigueur l’année prochaine, elle assistera au mariage de deux amis gais avec son partenaire, le président François Hollande.

«Je suis ravie d’être l’un des premiers témoins à l’un des tout premiers mariages pour tous» a-t-elle déclaré au journaliste de Paris Match à la radio RTL. Cette vague de soutien pour les droits des homosexuels intervient quelques semaines après que l’ancienne première dame française, Carla Bruni-Sarkozy, ait donné une entrevue au magazine Vogue, dans laquelle elle a affirmé qu’elle était «tout à fait en faveur des mariages de même sexe et l’adoption». En les écoutant, la France ne fait que ressembler à un pays progressiste. En réalité, nous sommes toujours très tendu. Ou du moins, nos politiciens le sont.

La position politique de Trierweilerréveilla la haine et la colère de Bernard Debré, le député de droite, qui a publié un article sur son blogue dans lequel il affirmait que Trierweiler n’avait pas le droit d’entrer dans le débat, car «elle n’est que la maîtresse du président français» – une façon très grossière de souligner le fait qu’elle et Hollande ne sont pas mariés, et un excellent exemple de la façon dont la classe politique française s’avère rétrograde et bornée. En effet, nos politiciens sont plus prudents que les personnes qu’ils prétendent gouverner.
Une grande majorité des Français (58%) favorisent actuellement le mariage homosexuel, et 50% d’entre nous acceptent l’adoption par des couples homosexuels. Mais il est également vrai que les Français étaient encore plus en faveur des unions de même sexe en 2011, lorsque 63% d’entre eux favorisait le mariage gai, et 58% l’adoption par les gais. Comment peut-on expliquer ce revirement?

C’est très simple. Le débat sur le mariage de même sexe a déclenché une nouvelle vague d’homophobie en France. Les militants anti-homosexuels  et les élus des deux côtés de l’échiquier politique comparent systématiquement les «péchés» du mariage homosexuel à la polygamie, ou même l’inceste. Un député de droite a même récemment décrit les parents gais comme des «terroristes potentiels» pouvant atteindre un tout nouveau niveau de stupidité.
Et si nos politiciens ne sont que réactionnaires, l’église a quelque chose à voir avec cela. Même si la France est le pays qui a donné naissance au concept de la laîcité qui prône une stricte séparation entre l’Eglise et l’État, notre pays demeure l’un des plus anciens fils de l’Église catholique – qui se positionne avec véhémence contre le mariage homosexuel, et qui est farouchement opposée à l’adoption par des parents homosexuels. L’archevêque de Paris et l’un des plus hauts dignitaires de l’Église catholique française, Mgr André Vingt-Trois Armand, a défini le mariage homosexuel comme une «tromperie pure». Selon lui, le mariage est un sacrement et, par définition, une union entre un homme et une femme. Malheureusement, sa voix compte toujours dans notre pays: il a été appelé comme témoin par une commission de l’Assemblée nationale pour le projet de loi sur le mariage de même sexe.

J’avais l’habitude de penser que la société française était assez mature pour faire face à un tel débat sans recourir à des épisodes de prise de bec. Je suis sincèrement convaincu que la loi sur le mariage de même sexe serait largement adoptée. Notre classe politique semblait enfin être prête. Je me suis trompé. L’UMP, le parti d’opposition de la France, marchera côte à côte avec des militants anti-homosexuels pour protester contre la loi du 13 janvier.

Mais même parmi les insultes de vol et l’intolérance abjecte, je peux encore voir un bon résultat: la France découvre finalement que les couples homosexuels ont des relations qui sont très sensiblement les mêmes que ceux des hétérosexuels. Pendant longtemps, les homosexuels français avaient l’habitude d’être stigmatisés et souvent décrits comme instable émotionnellement. Aujourd’hui, vous ne pouvez pas allumer la télévision sans voir les couples homosexuels qui vivent ensemble depuis des années, élevant parfois des enfants, tranquillement et normalement. Et c’est un réel progrès, même pour ceux qui ne veulent pas du mariage pour tous.